Le frère du Père Noël

Les illustrations sont réalisées par Gwendoulash

Vous connaissez le père Noël ? Oui, bien sûr, tout le monde connaît Noël !
Mais savez vous qu'il a un frère nommé Albert ? Non, bien sûr, personne ne connaît Albert !
Noël et Albert ont beau être frères, ils n 'ont pas du tout le même caractère. Et même physiquement, ils sont très différents.

Dés leur plus jeune âge, Noël était le plus sage alors qu'Albert mettait sa nounou en rage. Noël était très beau garçon, et devint vite un Apollon faisant tomber les filles en pâmoison. Albert, lui, était un laideron dénué de charme ce qui ne lui arrachait aucune larme : « Les filles, toutes des idiotes, je suis bien mieux sans ces têtes de linotte ! »

En vieillissant, leurs études terminées, il leur fallut trouver un métier. Pour Noël, ce fut vite fait : il voulait distribuer des jouets à tous les mouflets ! Et il devint celui que l'on connaît.

Pour Albert, ce fut une autre affaire ! Il ne voulait rien faire. « Pas besoin de travailler lorsque l'on est un riche héritier ! » (le père des garçons avait fait fortune dans la fabrique de jouets). Mais voilà que son grand dadais de frère ainé se mettait à distribuer sans les faire payer les jouets qui sortaient des ateliers. Il allait jusqu'à dorloter ces crétins de lutins ! Leur père les faisait travailler pour rien, mais Nono, lui, les traitait comme s'ils étaient humains !

Plus le temps passait, moins Albert supportait son frère ; Albert était un vrai radin qui se moquait bien de son prochain et avait horreur des gamins.

« Quelle manie, jeter ainsi l'argent par dessus le traîneau ! Il faut que je trouve un moyen d'arrêter ce barjot de Nono ! Je vais gâcher cette fête d'opérette en leur piquant leurs chaussettes ! Ils n'auront plus rien à accrocher à leur cheminée et ils seront bien embêtés ! Nono croira qu'ils se sont lassés et il mettra fin à ses tournées ! »

Et c'est ainsi qu'a commencé le vol organisé et méticuleux des chaussettes de tant de malheureux. Albert entrait dans les maisons en toute discrétion et fouillait plein d'espoir bacs à linge et armoires. Il déposait son butin dans l'ancienne chambre des lutins (elle était inoccupée car Nono les avait installés dans de sublimes chalets tout équipés). Sa réserve était impressionnante, pleine de couleurs foisonnantes et de matières différentes : les grosses chaussettes en laine de pépé côtoyaient les socquettes distinguées des parisiennes guindées. Jambières à pois, guêtres à rayures, bas à la noix, tous étaient là !

Vous ne me croyez pas ? Demandez aux adultes, vous verrez que les chaussettes, ça disparaît ! Entre le bac à linge et le machine à laver, impossible de les retrouver ! Evidemment Albert ne volait jamais la paire, les deux en même temps, ça aurait été trop voyant !

Bien entendu, Albert comprit très vite que c'était peine perdue. Les lutins l'ayant espionné et dénoncé, Nono n'était en rien démotivé par l'absence de chaussettes devant la cheminée et déposait désormais les jouets sous les sapins décorés. Il n'en voulait pas à son frère, il aimait trop Albert et le laissait faire malgré la colère des lutins: « C'est un bon à rien, mesquin et radin !

- Ne soyez pas si durs mes lutins, vous me faîtes du chagrin, répondait Nono toujours généreux. Albert est heureux et c'est là le seul véritable enjeu ! »

Et c'est vrai qu'Albert était radieux, continuant ses larcins pour compléter son butin. De méchant farceur, il était devenu collectionneur. Il laissait à présent les lutins travailler tranquillement, ne sabotait plus le traîneau de Nono et ne donnait plus de laxatifs aux rennes. La vie au camp de base polaire était bien plus sereine !

Alors, si un jour votre chaussette bleue est introuvable, même si cela vous rend irritable, soyez un peu charitable : grâce à votre générosité (bien qu'un peu forcée !) les lutins peuvent préparer en paix les cadeaux qui rempliront le traîneau l ! Grâce à ce petit sacrifice, vous passerez sous les meilleurs auspices un joyeux Noël !

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