A contre-emploi

Je relève un défi lancé par le p'tit Lu qui part en vacances en nous proposant cette illustration :
La seule consigne est de commencer son texte par "Ho, chérie...".
L'univers du p'tit Lu est certes très éloigné du mien mais J'ADORE ce qu'il fait (aussi bien les dessins que les textes) alors j'ai essayé de relever le défi. Voilà ce que ça donne :

"Ho, chérie..."
Dernières nuits, derniers cris.
Lulu quitte sa Mado le cœur gros.
Des larmes dans les yeux, y'se disent adieu.
Lulu s'en va en guerre, quelle galère !
Mais pas le choix, faut être un bon p'tit soldat,
Quitter sa pépée pour aller flinguer d'autres paumés.
Il espère revenir, c'est rien de le dire !

Quatre ans ont passé.
Il est resté prisonnier, mais il s'en est tiré.
Et c'est l'cœur léger qui s'en va la retrouver.
Mais pas de bol en rentrant, plus d'appartement,
La faute au bombardement !
Mado y est restée, coupée en deux,
Écartelée par un boulet.
Les alliés visaient pas leur maison,
Mais un dépôt de munition
"On leur file un canon,
Y savent même pas viser, les cons !"

Irène pour un cauchemar !

A chacun son cauchemar a son illustratrice : c'est Irène !

A chacun son cauchemar !




Zanapa s'intéresse au cauchemar, et moi aussi ! Avant de prendre des vacances (qui a dit encore ?) je vous livre le résultat de mes cogitations, ça s'appelle "A chacun son cauchemar"

Cette fois, j'en ai marre, j'ai encore fait un cauchemar :une histoire de chauves-souris cathares cachées dans mon placard. Mais fini de rester prostré, je vais en parler. Papa dit toujours qu'on a peur que de ce que l'on connait mal.
C'est donc décidé, je vais enquêter, crayon, papier direction le salon où Maman est en pleine concentration pour sa séance de yoga.
- Dis, Maman, tu en fais des cauchemars, toi ?
- Parfois, me répond-elle en ouvrant un œil.
-Raconte moi.
- Ce n'est pas très gai.
- S'il te plaît.
- Je rêve de cercueils.
Je reste muet.
- On rêve de ce qui nous effraie. Je vous aime plus que tout au monde, Papa, Clara et toi. Ce qui m'effraie moi, serait que vous disparaissiez.
Je dépose sur sa joue un baiser après avoir tout bien noté.
Je m'en vais ensuite interroger Papa que je trouve en train de vider la machine à laver.
- Des cauchemars, oh, c'est rare ! Il sourit. Ah, si, je rêve quelquefois que ta maman est amoureuse d'un autre que moi. Quand je me réveille après ça, j'ai besoin de la serrer très fort dans mes bras pour me convaincre qu'elle est bien là.
- C'est noté, je vais voir Clara !
Clara joue dans sa chambre avec sa poupée préférée, Ambre.
- Et toi Clara, ton pire cauchemar, qu'est-ce que c'est ?
- Ce serait de perdre ma poupée. J'en ai souvent rêvé. On est au supermarché, elle est à mes côtés et d'un coup, piout ! envolée ! Je crie, je pleure, tu m'aides à la chercher mais rien n'y fait. Je me réveille en pleurant et j'appelle Maman.
Ce soir, en allant me coucher, je réfléchis à la liste de ceux que je vais questionner demain à l'école.
le premier qui s'y colle, c'est mon copain Anatole.
- Je rêve que je me promène tranquillement dans la rue et d'un coup je m'aperçois que je suis tout nu. Personne n'a l'air de s'en rendre compte mais je te raconte pas la honte !
A le récré, j'en profite pour cuisiner Mathias, le premier de la classe.
- J'ai maintes fois cauchemardé en effet. Le rêve est chaque fois inchangé : notre maîtresse bien-aimée me demande de réciter la leçon et je reste la bouche ouverte comme un poisson, incapable d'articuler le moindre son ! Le trou de mémoire le plus profond qu'il soit donné d'imaginer...
C'est noté. Me reste à questionner ma maîtresse.
- Comment se fait-il que mes cauchemars t'intéressent ?
- J'essaie de comprendre comment les cauchemars naissent. J'aimerais que les miens disparaissent.
- Je rêve régulièrement que Madame Sermon vient dans ma classe pour une inspection. Comme je ne m'y attends pas, rien ne va, vous, mes élèves, ne m'écoutez pas. Et il y a encore pire que ça : vous vous mettez tous à vomir mais impossible de vous faire sortir : la porte de la classe est bloquée ! C'est en général à ce moment que je me réveille, complètement essoufflée.

Maintenant, j'ai une idée assez claire du cauchemar et de ses mystères. Me reste deux choses à faire.
Primo : Aller au zoo voir les animaux et en particulier les chauves-souris qui me gâchent mes nuits.
Secundo : Vider mon placard, aller explorer ses recoins les plus noirs pour m'assurer qu'il n'y a rien à voir.
C'est ce que j'ai fait mercredi. Et vous savez quoi ? Ça a marché ! Je suis incollable sur les chauves-souris, j'ai tout appris de leur vie et je sais désormais qu'il n'y pas de raison que je m'en méfie. Mon placard est rangé, nettoyé, briqué, j'ai tout vérifié, il ne contient que des jouets.
Et mes cauchemars... disparus !!! Papa avait bien vu, on a peur que de l'inconnu.

Pourtant... depuis peu de temps... je rêve que sous mon lit, il y a des serpents ! C'est très embêtant !


Pas là !

Faites le plein de chaussettes !

Le projet 6 est en ligne ! C'est par ici !

La Reine des Oeillets

Un nouveau projet avec Sumi !
Une petite histoire qui m'a été inspirée par l'un de ses dessins que voici :

L'histoire elle-même n'est pas figée, vos conseils et idées sont les bienvenus. Voici le texte :


Il était une fois un roi vieillissant qui avait trois grands enfants. Il régnait sur le royaume des Œillets, ainsi nommé car toutes les fleurs étaient dotées d'un petit œil avec lequel elles vous scrutaient. Les enfants de ce roi étaient très intelligents, pertinents et indépendants. Ils avaient tous trois un fort caractère et ne se laissaient pas faire. Même la princesse qui, parce qu'elle était une fille, était dévalorisée sans cesse, ne permettait pas qu'on la rabaisse.

Un jour, le Roi Octave, de sa voix la plus grave, annonça à ses sinistres ministres :
- Je dois m'entretenir en privé, avec mes héritiers, de notre royaume et de sa destinée. Princesse Hélène, Prince Ismaël, Prince Audran, veuillez me suivre au grand salon.
- Oui, Père, nous vous suivons, répondirent en s'inclinant ses trois enfants.

Une fois la porte du grand salon refermée, l'ambiance fut instantanément transformée.
- Alors mes loulous, vous ne m'avez pas fait de bisous !
- Oh, mon papounet ! Tu es délaissé ! s'amusa Hélène en couvrant son père de baisers. Tu voulais nous parler ?
- Oui. Vous savez que je vieillis, j'arrive à la fin de ma vie... Vous êtes des adultes aujourd'hui et j'aimerais discuter de vos projets et vous exposer les exigences de la royauté. Ismaël, tu es l'aîné. C'est donc toi qui sera appelé à régner.
- Moi ? Régner ? Mon papounet, tu n'es pas sérieux ! Je veux être couturier !
- Couturier ? Quelle drôle d'idée ! Et pourquoi pas chiffonnier ? C'est insensé !
- Parfaitement, couturier ! Et peut être même parfumeur. Je suis sûr que là est mon bonheur. En revanche, rester cloîtré dans ce palais à écouter tes vieux ministres blablater, je jure que cela me tuerait.
Le Roi Octave resta silencieux une minute, la mine grave.
- Audran, si ton frère ne devient pas roi, ce sera donc toi !
- Ah non, désolé papounet, ce n'est pas dans mes projets.
Le pauvre roi n'en revient pas.
- Comment ça ? Mais... tu veux faire quoi ?
- Je veux être pâtissier ! Créer de nouveaux gâteaux, de nouvelles saveurs, des pâtisseries toutes en couleur. Il n'y aura pas dans le royaume de meilleur artisan.
Le Roi Octave, désemparé, prit sa tête dans ses mains en pleurant.
- Mais que vous ai-je fait mes enfants pour mériter un tel acharnement ?
Hélène dit d'un ton rassurant :
- Ne pleure pas Papa, je gouvernerai moi !
Le roi releva la tête et arrêta de pleurer net.
- Toi, ma pépette ? Oh, tu es tellement attentionnée, tu n'aimes pas me voir pleurer. Mais tout cela est sérieux, ce n'est pas une jeu. Une fille ne peut pas être roi ! Ça va de soi !
- C'est pourquoi je serai reine, répondit Hélène d'une voix sereine.
- Les ministres n'accepteront jamais d'être dirigés par une poupée !
- Papa, tu es injuste, Hélène est plus que cela. Elle est la plus intelligente de nous trois, rétorqua Audran calmement.
- Et tes ministres sont décadents, il nous faudrait un nouveau gouvernement, s'empressa d'ajouter la princesse.
Le roi en resta sur les fesses. Elle continua :
- J'ai l'intention d'organiser des élections. C'est le meilleur moyen de congédier ces vieux croûtons. Je battrai la campagne pour faire campagne et je demanderai à mon futur gouvernement qu'il m'accompagne.
- Ton gouvernement ?
- Parfaitement. Il comprend notamment Titouan, ton fou (qui est aussi mon amant... enfin disons mon prince charmant). M. Lecœur notre bon précepteur, ta femme de chambre Edith qui est une érudite, Esther la couturière et Gaston le fils du maçon. Ensemble nous proposons des réformes pleines de raison comme par exemple l'école obligatoire pour les filles et les garçons. Ce sont tes sujets qui voteront et qui choisiront de nous élire ou non !

Avant de prendre une décision, le roi s'en alla consulter ses amis les plus avisés :
- Mes bien aimés Œillets vous qui voyez et savez tout ce qui se passe en ce royaume, veuillez m'aider et dites moi ce qu'il en est : ma fille peut-elle régner ?
- Hélène est douée, répondirent en cœur les milliers d'œillets d'une même voix flûtée. Elle est très aimée dans ces contrées. Certes ce n'est pas un garçon et c'est là la seule motivation du courroux de tes ministres, c'est bien triste ! Ton peuple, lui, est indépendant et ouvert, aie confiance, laisse le faire !

Le roi savait ces fleurs bonnes conseillères mais n'y croyait guère ; il dut pourtant laisser faire malgré la colère de son ministère. Les idées de sa fille provoquaient la liesse populaire. Il y avait bien des réfractaires qui disaient préférer faire la guerre que d'être gouvernés par une mégère, mais leurs femmes les firent bientôt taire.

Hélène devint reine et fut la plus exceptionnelle des souveraines, la plus juste et la plus humaine. Elle épousa Titouan et ils eurent beaucoup d'enfants.

On dit que, encore aujourd'hui, le royaume des Œillets vit dans la sérénité. Lorsqu'un nouveau roi est appelé à régner, les habitants doivent aller voter. Il paraît que la dernière a gouverné est la fille d'un pâtissier !

Lilie a un visage

Sabbio a terminé la première planche de Quand Lilie lit la nuit..., c'est tout en douceur et en délicatesse... du Sabbio quoi !

Vivement la suite !